Barbara Bourchenin, « Livres de l’art actuel : imaginaires paradoxaux de la fin du livre »

Barbara Bourchenin

Barbara Bourchenin est professeure agrégée d’arts plastiques (PRAG) à l’Université Bordeaux Montaigne (France), et doctorante en Arts (Histoire, Théorie, Pratique) sous la direction de Bertrand Prévost (EA 4426 MICA – Médiations, Information, Communication, Arts).

Ses recherches portent sur les livres et bibliothèques de l’art contemporain et actuel, et à travers eux, sur les lectures possibles de l’œuvre d’art.

2 réflexions au sujet de “Barbara Bourchenin, « Livres de l’art actuel : imaginaires paradoxaux de la fin du livre »”

  1. Merci beaucoup Barbara pour ta fort intéressante et très suggestive présentation !
    J’aurais une rapide question pour toi : Est-ce que dans ces réemplois physico-plastiques du livre — qui y devient avant tout, et si je t’ai bien suivie, une sorte d’entité/artefact symbolique — auxquels tu t’intéresses, as-tu pu tomber sur des propositions (plutôt développées lors de ces deux dernières décennies) où un rapport singulier au textuel était mis en jeu (et importait de manière relativement conséquente dans l’appréhension de l’œuvre) ? Je te pose cette question car, en ce qui concerne les exemples les plus récents que tu as mentionnés (ceux notamment de Doug Beube ou de Jacqueline Rush Lee), on ne retrouve pas, sauf erreur de ma part, de mise en tension de la textualité. Pour le formuler autrement : Une place est-elle parfois accordée, dans le sillage direct des expérimentations mallarméennes que tu évoquais en ouverture de ton propos, au développement de textualités hétéroclites au sein de cette dynamique du devenir-sculpture du livre que tu étudies ?
    Encore merci à toi en tout cas pour ta communication et, juste pour le plaisir du partage, as-tu déjà pu voir/entendre parler du livre-sculpture “Une écriture boustrophédone” de Pierre Alechinsky auquel ta présentation m’a directement fait penser ? Si pas, voici un lien qui l’évoque : https://wittockiana.org/en/musee/collection/mise-en-depot-pierre-alechinsky/
    À bien vite!
    Corentin

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    • Cher Corentin,
      Merci pour ton commentaire.
      Pour te répondre : en effet, beaucoup de ces artefacts actuels prennent le parti de totalement évacuer le rapport au texte (ne reste que l’entité livre, reconnaissable dans sa forme, mais entravant l’accès au textuel : comme c’est le cas chez Pascal Convert, ou Doug Beube et Jacqueline Rush Lee que tu mentionnes). Au-delà d’une approche symbolique, il me semble que le rapport à l’objet s’affirme comme résolument sculptural (réaffirmant la dimension plastique de la lecture). Mais certaines propositions, dans le sillage – il me semble – des propositions de Ann Hamilton, conservent un rapport très fort à l’écriture, au texte comme ligne-linéament (du titre de l’une de ses œuvres de 1994) et graphisme. Dans la lignée directe des expérimentations mallarméennes, le travail de Jérémie Bennequin est particulièrement intéressant (https://jeremiebennequin.com/) (surtout sa « dé-composition » du poème qui joue sur les variations constellatoires qui naissent au gré de sa désagrégation). Certains artistes, comme Sepand Danesh avec « Ombre de mémoire », travaillent sur la dimension palimpseste du textuel. Je pense aussi à Irma Blank, qui entretient un rapport certain au textuel comme graphisme, tissage de lignes, dans une esthétique du vide très mallarméenne également. Mais peut-être entends-tu autre chose par « textualités hétéroclites » ? Davantage en rapport avec la création d’un « nouvel alphabet » graphique ? Le travail de Nicolas Aiello peut être alors une piste (je connais mal son travail, et ses expérimentations « débordent » certainement le livre, mais cela vaut le coup d’œil : http://www.nicolasaiello.com/)
      Oh, et mille mercis pour cette belle découverte du livre de P. Alechinsky !! Je connaissais bien sûr son travail de peintre et de graveur, mais pas ce merveilleux livre à l’écriture boustrophédone ! (Par ricochets – même si je ne sais pas trop bien pourquoi – cela me fait penser aux réalisations de Jean-Luc Parant… à creuser!).
      Bien à toi,
      Barbara

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