{"id":82,"date":"2024-03-14T13:57:53","date_gmt":"2024-03-14T12:57:53","guid":{"rendered":"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/?page_id=82"},"modified":"2024-03-15T17:42:08","modified_gmt":"2024-03-15T16:42:08","slug":"liv2-lduchatel","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/livraison2\/liv2-lduchatel\/","title":{"rendered":"Lolita Duchatel, \u00ab Quand l\u2019acte de lecture devient une pratique d\u2019\u00e9criture et l\u2019acte de critique une pratique de lecture. Enjeux des discours d\u2019amateurs sur leurs lectures via #bookstagramfr \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Lire, c\u2019est utiliser nos temps morts pour en faire quelque chose de concret et b\u00e9n\u00e9fique, au lieu de passer des heures \u00e0 nous abrutir sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">&#8211; Jo\u00ebl Dicker (pr\u00e9face \u00e0 <em>Lecteur, reste avec nous&nbsp;! Un grand plaidoyer pour la lecture<\/em> de Maryanne Wolf)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>L\u2019esth\u00e9tique ne renvoie pas seulement ici \u00e0 la science du beau ou au vieux probl\u00e8me de l\u2019essence de l\u2019art, mais \u00e0 la question longtemps n\u00e9glig\u00e9e de&nbsp;<\/em><em>l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019art,&nbsp;<\/em><em>c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la <\/em>praxis<em> esth\u00e9tique (&#8230;) comme activit\u00e9 de production, de r\u00e9ception et de communication.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">&nbsp;&#8211; H. R. Jauss in <em>Petite apologie de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>lecture, r\u00e9seaux sociaux, critique d\u2019art, esth\u00e9tique, rapports de domination, socialit\u00e9<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/Lolita_Duchatel.jpg\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;width:185px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Lolita Duchatel<\/h4>\n\n\n\n<p>Lolita Duchatel est doctorante en Esth\u00e9tique et Sciences de l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne au sein du laboratoire ACTE sous la direction de Barbara Formis. Apr\u00e8s un m\u00e9moire sur les sentiments comme mat\u00e9riaux de l&rsquo;\u0153uvre litt\u00e9raire et philosophique d&rsquo;E. M. Cioran, elle s&rsquo;oriente vers l&rsquo;esth\u00e9tique comme th\u00e9orie de la r\u00e9ception. Sa th\u00e8se, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Le Souci de soi par l&rsquo;exp\u00e9rience de lecture\u00a0\u00bb, portera sur une vision renouvel\u00e9e de l&rsquo;exp\u00e9rience esth\u00e9tique sous le prisme de la lecture et son implication dans la vie du sujet.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong>Introduction&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les pistes prometteuses d\u2019\u00e9tudes sur la rencontre de la lecture et des r\u00e9seaux sociaux, je proposerai d\u2019envisager la lecture comme appelant un autre loisir, celui de l\u2019\u00e9criture, en particulier la r\u00e9daction d\u2019une r\u00e9action critique. En effet, sur les r\u00e9seaux sociaux l\u2019utilisateur n\u2019est pas que consommateur&nbsp;: il est appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre producteur de son espace personnel. Que produit cet utilisateur quand il est lecteur&nbsp;? Des deux formes visuelle et textuelle que prennent le contenu produit permis par les r\u00e9seaux, je m\u2019int\u00e9resserai \u00e0 la production textuelle des <em>posts<\/em> en lien avec la lecture, en l\u2019envisageant comme des carnets de lecture publiquement mis \u00e0 disposition. Le r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019histoire, l\u2019extraction de citation, la pr\u00e9sentation de livres acquis (#<em>bookhaul<\/em>) seront laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9 pour se focaliser sur le discours critique (entendu comme ressenti subjectif verbalis\u00e9 par l\u2019\u00e9criture) \u2013 les utilisateurs qualifiant ouvertement leur pratique de \u00ab&nbsp;chroniques livresques&nbsp;\u00bb ou d\u2019\u00ab&nbsp;avis de lecture&nbsp;\u00bb. Ma r\u00e9flexion sera aliment\u00e9e par des exemples de <em>posts<\/em> publi\u00e9s par des utilisateurs. Les crit\u00e8res de s\u00e9lection des comptes mentionn\u00e9s en exemples devaient d\u2019une part avoir attrait \u00e0 lecture par le r\u00e9seau social Instagram (afin de r\u00e9duire les pratiques r\u00e9ceptives de la lecture sur les r\u00e9seaux) et d\u2019autre part devaient refl\u00e9ter des pratiques r\u00e9dactionnelle et critique \u2013 ce que permet Instagram par la forte pr\u00e9sence du texte (l\u00e9gende, post, story, commentaires, messages). L\u2019\u00e9criture r\u00e9sulte du croisement des r\u00e9seaux (qui encouragent \u00e0 l\u2019expression de soi) avec cette th\u00e9matique de la lecture. Des nombreuses questions qui pourraient \u00e9merger (profil du lecteur type, genres repr\u00e9sent\u00e9s, habitudes de lecture, fr\u00e9quence etc.), j\u2019ai choisi d\u2019en aborder quelques-unes explorant l\u2019\u00e9criture comme nouveau loisir afin de cerner ce que permet cette mani\u00e8re in\u00e9dite de t\u00e9moigner de la r\u00e9ception des \u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lecture\/Ecriture, r\u00e9seaux sociaux&nbsp;et braconnage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux sont un outil ouvert \u00e0 l\u2019appropriation, s\u2019inscrivant dans la lign\u00e9e des pratiques de braconnage culturel de de Certeau, o\u00f9 l\u2019utilisateur use d\u2019une forme de <em>m\u00e8tis<\/em> et de largesse de mouvement par rapport \u00e0 ce qui lui est propos\u00e9. La cr\u00e9ativit\u00e9 des usagers des r\u00e9seaux se d\u00e9montre particuli\u00e8rement bien par le #<em>bookstagram<\/em>&nbsp;: les usagers cr\u00e9ent eux-m\u00eames, collectivement, un canal d\u00e9di\u00e9 \u00e0 leur objet d\u2019int\u00e9r\u00eat \u2013 canal qu\u2019il est possible de cr\u00e9er mais qui n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu initialement par l\u2019entreprise d\u00e9veloppant l\u2019application. Cette r\u00e9appropriation pose la question suivante&nbsp;: quel est le pouvoir effectif des r\u00e9cepteurs qui ne poss\u00e8dent aucun pouvoir sur les m\u00e9dias&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>web<\/em> depuis ses d\u00e9buts dans la sc\u00e8ne domestique a ouvert un espace aux passionn\u00e9s&nbsp;: aux forums de partage d\u2019avis et de connaissances, de recensement, de discussion voire de rencontre. Toute passion se double d\u00e9sormais d\u2019une existence virtuelle. La figure de l\u2019amateur, c\u2019est-\u00e0-dire de <em>celui qui aime<\/em>, trouve \u00e0 s\u2019\u00e9panouir dans ces espaces publics virtuels. Cette intrusion de l\u2019amateur, non plus seulement consommateur culturel mais d\u00e9sormais acteur de sa propre culture, permet une remise en question de la tripartition habituelle des instances prenant part \u00e0 la relation artistique&nbsp;: de l\u2019artiste aux r\u00e9cepteurs par la m\u00e9diation d\u2019institutions. Ce d\u00e9veloppement de l\u2019amateurisme fait fi des m\u00e9diateurs professionnels&nbsp;: il fait lui-m\u00eame ses recherches, \u00e9crit ses propres conclusions, sollicite ses compagnons. Il ne d\u00e9pend plus d\u2019une instance ext\u00e9rieure qui se place en sup\u00e9rieure \u00e0 lui pour avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Le partage se fait entre amateurs, d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, et non plus de professionnel \u00e0 profanes.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ce renversement de l\u2019utilisation, le lecteur des r\u00e9seaux devient actif d\u2019une part concernant son utilisation des r\u00e9seaux (il vise ce qui l\u2019int\u00e9resse sur l\u2019application) et d\u2019autre part de son rapport \u00e0 la culture (o\u00f9 il s\u2019autonomise par rapport aux institutions). Ecrire sort le lecteur de son r\u00f4le de consommateur de livres car il s\u2019approprie l\u2019objet et l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019il en a. Si la lecture (populaire) souffrait d\u00e9j\u00e0 d\u2019une longue tradition de pr\u00e9jug\u00e9s, l\u2019\u00e9criture comme pratique (r\u00e9)cr\u00e9ative en souffre \u00e9galement. Les rapports de classe se retrouvent dans la pratique de l\u2019\u00e9criture&nbsp;: si la tradition populaire allait \u00e0 l\u2019oralit\u00e9, elle peut d\u00e9sormais figer son expression dans une mat\u00e9rialit\u00e9 et une dur\u00e9e. La r\u00e9ticence vis-\u00e0-vis de la critique d\u2019art amateure serait la peur d\u2019un tribunal populaire qui r\u00e9viserait le canon litt\u00e9raire et qui interrogerait la l\u00e9gitimit\u00e9 de ceux qui d\u00e9tiennent l\u2019ascendant en mati\u00e8re de savoir&nbsp;: pourquoi l\u2019amateur parlerait, alors que des professionnels discutent pour lui de la bonne \u0153uvre et du bon go\u00fbt&nbsp;? La notion de l\u00e9gitimit\u00e9 appara\u00eet \u00e0 deux endroits&nbsp;: quel lecteur est l\u00e9gitime&nbsp;? qui est le critique l\u00e9gitime&nbsp;? \u2013 subsum\u00e9es toutes deux \u00e0 la question : qui est l\u00e9gitime de s\u2019approprier les textes ?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9mergence d\u2019une critique amateure rel\u00e8ve aussi d\u2019une insatisfaction par rapport \u00e0 la critique professionnelle, suspecte de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat et r\u00e9duite d\u2019elle-m\u00eame \u00e0 des slogans choc. La critique professionnelle dans les m\u00e9dias s\u2019associe \u00e0 la superficialit\u00e9 et au calibrage \u2013 attributs n\u00e9gatifs que l\u2019on renverrait volontiers aux r\u00e9seaux sociaux \u2013 mais des apostrophes telles que \u00ab&nbsp;fantastique&nbsp;! \/ merveilleux&nbsp;! \/ \u00e9mouvant.&nbsp;\u00bb sont en r\u00e9alit\u00e9 bien produites par des professionnels de la culture. Avis enthousiastes dont le lecteur critique peut douter de l\u2019authenticit\u00e9 et ne pas \u00eatre conquis par la pauvret\u00e9 de cet argument commercial plus que journalistique ou \u00e9ditorial. Le lecteur des avis amateurs y per\u00e7oit sans doute plus d\u2019authenticit\u00e9 que dans un article de presse, et peut rapprocher ce qu\u2019il lit (dans cette critique) de ce qu\u2019il pourrait lui-m\u00eame ressentir en lisant le livre. De plus, l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures n\u2019est plus un fait rare, aussi le lecteur peut \u00eatre aussi dipl\u00f4m\u00e9 si ce n\u2019est plus qu\u2019un critique de presse. Cette concurrence participe \u00e0 la remise en cause de l\u2019autorit\u00e9 de celui qui est autoris\u00e9 \u00e0 parler des livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les circuits de prescription sont boulevers\u00e9s, passant d\u2019une hi\u00e9rarchie verticale \u00e0 l\u2019horizontalit\u00e9 du conseil de lecture, s\u2019interrogeant sur l\u2019autorit\u00e9 de celui qui \u00ab&nbsp;a le droit&nbsp;\u00bb de prescrire&nbsp;: acad\u00e9mies et prix, \u00e9diteurs, journalistes, libraires, universitaires&nbsp;? O\u00f9 est le lecteur l\u00e0-dedans&nbsp;? A croire qu\u2019il ne serait pas destinataire de l\u2019\u0153uvre, que l\u2019\u00e9crivain n\u2019\u00e9crirait pas pour lui. L\u2019\u00e9valuation profane prend ses distances vis-\u00e0-vis de l\u2019institution.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Discourir et partager&nbsp;: socialit\u00e9 du r\u00e9seau et de la critique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du croisement des r\u00e9seaux sociaux et de la critique de livres, la notion de socialit\u00e9 \u00e9merge comme point de liaison et rappelle l\u2019aspiration des Lumi\u00e8res qui basaient l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique de la soci\u00e9t\u00e9 sur la lib\u00e9ralit\u00e9 des discours sur les arts et les lettres, envisageant que l\u2019\u00e9mergence de l\u2019attitude critique se ferait par l\u2019exercice en premier lieu de la critique appliqu\u00e9e aux \u0153uvres. Cet id\u00e9al consid\u00e8re que chaque r\u00e9cepteur dispose de la l\u00e9gitimit\u00e9 propre \u00e0 avoir et \u00e0 exprimer un jugement personnel \u2013 id\u00e9al qui semble aboutir dans la critique en ligne. Les r\u00e9seaux sociaux, \u00e0 l\u2019instar des salons du XVIIe si\u00e8cle ou des <em>book clubs<\/em> plus tardifs sont un lieu de discussion informelle et conviviale, o\u00f9 le livre serait un pr\u00e9texte \u00e0 la socialisation. La lecture n\u2019est donc pas un <em>hobby<\/em> si solitaire cantonn\u00e9 aux sc\u00e8nes priv\u00e9es&nbsp;: d\u2019activit\u00e9 solitaire, elle tend \u00e0 la communicabilit\u00e9 (de l\u2019exp\u00e9rience). Par ailleurs la direction vers les r\u00e9seaux sociaux par leurs usagers vient souvent d\u2019un manque d\u2019interlocuteurs dans la \u00ab&nbsp;vie r\u00e9elle&nbsp;\u00bb avec qui partager cette passion commune.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/1_egolector.png\" alt=\"Une image contenant texte, capture d\u2019\u00e9cran, menu, Police\n\nDescription g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement\" style=\"width:1119px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Exemple (1) de cette socialit\u00e9 et r\u00e9incarnation du club de lecture par cet appel d\u2019@ego_lector \u00e0 effectuer une lecture commune de La Vagabonde de Colette.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Instagram encourage \u00e9videmment la socialit\u00e9, fonctionnant par son alimentation en publications bas\u00e9e sur le partage volontaire de contenu (image, texte, vid\u00e9os). Aussi, d\u2019une part la cr\u00e9ation de contenu et d\u2019autre part sa diffusion publique de mani\u00e8re permanente et renouvel\u00e9e participent au fonctionnement du r\u00e9seau. Ce n\u2019est pas seulement l\u2019\u00e9crivain qui entre en communication avec des r\u00e9cepteurs potentiels par le biais de l\u2019\u0153uvre&nbsp;: le r\u00e9cepteur entre \u00e9galement en communication avec l\u2019\u0153uvre mais aussi avec d\u2019autres r\u00e9cepteurs. L&rsquo;\u0153uvre est au centre d&rsquo;un r\u00e9seau de relations.<\/p>\n\n\n\n<p>Les utilisateurs se retrouvent autour d\u2019un int\u00e9r\u00eat commun. La relation entre lecteurs se tisse par la correspondance de leurs avis (communaut\u00e9 de go\u00fbt), prolong\u00e9e dans la conversation. L\u2019amateurisme, par les r\u00e9seaux, permettrait de sortir d\u2019un rapport de d\u00e9pendance \u00e0 des professionnels de la culture adressant leurs prescriptions \u00e0 un public qui aurait besoin d\u2019\u00eatre assist\u00e9 dans le choix de ses lectures. La discussion est possible et encourag\u00e9e, les utilisateurs peuvent <em>interagir<\/em> par rapport aux avis qu\u2019ils lisent \u2013 et ainsi r\u00e9agir \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u2013 la sph\u00e8re des commentaires et des messages priv\u00e9s permettant de d\u00e9gager un espace de discussion. Aussi, \u00e0 la diff\u00e9rence de la presse, les r\u00e9seaux int\u00e8grent un espace discursif o\u00f9 la r\u00e9action du lecteur-r\u00e9cepteur est permise. Cette possibilit\u00e9 de communication, encourag\u00e9e par le r\u00e9seau car elle est cruciale \u00e0 son fonctionnement, rejoint la n\u00e9cessit\u00e9 de la mise en discours du ressenti esth\u00e9tique&nbsp;: la mise en mot publique, <em>via<\/em> le r\u00e9seau, devient un compl\u00e9ment expressif de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique des r\u00e9cepteurs. Critique professionnelle comme critique amateure s\u2019\u00e9panouissent par l\u2019expression ouverte au partage de \u00ab&nbsp;la joie d\u2019admirer&nbsp;\u00bb (selon la belle expression de Fr\u00e9d\u00e9ric Beigbeder), ou de l\u2019exultation de d\u00e9tester d\u2019ailleurs, du r\u00e9cepteur. Le partage, et les recommandations, sont \u00e9tablis sur ce principe de plaisir pris et donn\u00e9 \u00e0 faire d\u00e9couvrir et \u00e0 d\u00e9couvrir. Le plaisir de lecture est le principal crit\u00e8re de jugement d\u2019une \u0153uvre. Cette joie esth\u00e9tique est ici d\u00e9cupl\u00e9e par la stimulation du partage.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"665\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/02\/image-1024x665.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-138\" style=\"width:750px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/02\/image-1024x665.png 1024w, https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/02\/image-300x195.png 300w, https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/02\/image-768x499.png 768w, https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/02\/image.png 1257w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-top is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/3_bibliosam-dattas_(1).jpg\" alt=\"\" style=\"width:302px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Exemples 2 et 3 @bibliosam. De la publication d\u2019une chronique, \u00e0 sa r\u00e9ception par les autres utilisateurs, illustrant bien la joie partag\u00e9e, de faire d\u00e9couvrir et d\u2019avoir d\u00e9couvert.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>S<\/strong><strong>urvivance et r\u00e9activation de l\u2019\u0153uvre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La finalit\u00e9 de ce partage et de ces discussions est moins de former une ontologie de la litt\u00e9rature ou de trouver un consensus sur la qualit\u00e9 d\u2019un livre, que de constituer une biblioth\u00e8que virtuelle de r\u00e9f\u00e9rences auxquelles sont jointes des orientations critiques. La finalit\u00e9 de la lecture en r\u00e9seau n\u2019est pas didactique&nbsp;: il ne s\u2019agit pas de guider la lecture (introduction de notions savantes) que de guider <em>vers<\/em> la lecture (incitation et entretien de l\u2019envie de lire), laissant le lecteur libre de se faire son avis propre et\/ou de rechercher des informations dans les m\u00e9dias sp\u00e9cialis\u00e9s. Les r\u00e9seaux ne sont pas le lieu de la <em>le\u00e7on<\/em>, mais celui de l\u2019expression de soi et de la mise en commun. Pourquoi lire ces avis critiques&nbsp;? Tout comme la critique professionnelle, la critique amateure guide des lecteurs dans leur consommation culturelle&nbsp;: lire ou ne pas lire ce livre&nbsp;? Cette critique publique et collective permet plusieurs choses, dans un mouvement d\u2019ouverture puis de resserrement du champ des possibles en mati\u00e8re de livres \u00e0 lire.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une part, elle permet d\u2019ouvrir les possibilit\u00e9s de lecture. Etant donn\u00e9 que les libraires sont soumis \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la vente et du rapide <em>turn-over<\/em> de leur stock (ils doivent fournir les nouveaut\u00e9s et les classiques des classiques) et que les biblioth\u00e8ques ont la plus grande majorit\u00e9 de leurs r\u00e9f\u00e9rences en magasin, les r\u00e9seaux sociaux semblent pouvoir offrir une nouvelle mani\u00e8re de porter un livre \u00e0 la connaissance de ses lecteurs \u2013 livre tant nouveau qu\u2019ancien d\u2019ailleurs. Scroller serait-il l\u2019\u00e9quivalent moderne de la fl\u00e2nerie en librairie&nbsp;? Dans ce fonds virtuel, le lecteur trouve ce qu\u2019il ne savait qu\u2019il cherchait.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, elle permet de faire le tri dans la prolif\u00e9ration des productions \u00e9crites et publi\u00e9es. Lire une critique permet de s\u2019orienter dans la masse en se fiant \u00e0 l\u2019avis d\u2019un autre amateur ayant potentiellement une sensibilit\u00e9 similaire \u00e0 la sienne pour s\u2019assurer \u00e0 l\u2019avance de la qualit\u00e9 d\u2019un livre. La critique sur les r\u00e9seaux s\u2019ouvre \u00e9galement dans le temps, puisque si la critique journalistique s\u2019applique aux ouvrages qui lui sont contemporains, la critique amateure n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 fouiller dans les \u00ab&nbsp;p\u00e9pites&nbsp;\u00bb du temps.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/4_diglee-mur_invisible_1.png\" alt=\"\" style=\"width:802px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/5_diglee-mur_invisible_2.png\" alt=\"\" style=\"width:257px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Exemples 4 et 5 de lecteur-critique ressuscitant une \u0153uvre&nbsp;: l\u2019illustratrice Diglee (Maureen Wingrove) qui, parlant de sa lecture du Mur invisible (1963) de Marlen Haushofer, a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un engouement en librairie (dont les libraires ne connaissaient pas la cause) et a propuls\u00e9 ce livre en num\u00e9ro 1 des ventes sur Amazon quelques soixante ans apr\u00e8s sa parution, au point de provoquer une rupture de stock g\u00e9n\u00e9rant sa r\u00e9impression par Actes Sud. A droite, un message priv\u00e9 (parmi les quelques centaines) re\u00e7u par l\u2019illustratrice, t\u00e9moignant du besoin d\u2019exprimer un retour suite \u00e0 la d\u00e9couverte du livre. Un tel engouement est difficilement envisageable en dehors des r\u00e9seaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, le public est fondamental car c\u2019est lui qui garantit la survie d\u2019une \u0153uvre. Mais ce n\u2019est pas seulement dans ses pratiques de consommation qu\u2019il est acteur (le plus d\u2019exemplaires vendus signifiant une forte visibilit\u00e9)&nbsp;: le lecteur devient acteur lorsqu\u2019il parle de ce qu\u2019il lit. Il semblerait que la recommandation se passe d\u00e9sormais des canaux int\u00e9ress\u00e9s des m\u00e9dias (presse \u00e9crite, t\u00e9l\u00e9vision, radio) pour se faire entre lecteurs, o\u00f9 la passion commune est la seule pr\u00e9occupation. Par cette agentivit\u00e9 des lecteurs, l\u2019\u0153uvre continue de (sur)vivre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lire en pensant \u00e0 \u00e9crire\u00a0:\u00a0 \u00e9valuation profane et exp\u00e9rience subjective<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La notion de critique d\u00e9passe le cadre de la critique professionnelle pour devenir un mode d\u2019\u00e9criture et de r\u00e9flexion sur ses lectures, donc un nouveau mode d\u2019appr\u00e9hension des livres. Evidemment, de Dewey aux neurosciences, les th\u00e9ories de la r\u00e9ception d\u00e9fendent la part active du r\u00e9cepteur dans la r\u00e9ception. Le spectateur n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme passif r\u00e9cepteur d\u2019une culture qui lui serait vers\u00e9e, puisqu\u2019il r\u00e9-agit \u00e0 son environnement (esth\u00e9tique)&nbsp;: il l\u2019envisage et la juge. La critique amateure permet de rendre cette agentivit\u00e9 moins abstraite, car elle l\u2019incarne dans la mat\u00e9rialit\u00e9 de la production d\u2019un texte. La lecture, partag\u00e9e <em>via<\/em> les r\u00e9seaux sociaux, a permis d\u2019initier un nouveau loisir&nbsp;: celui de la r\u00e9daction d\u2019avis critiques d\u2019\u0153uvres lues. Cette agentivit\u00e9 est d\u2019autant plus forte lorsque la lecture est renforc\u00e9e par la perspective d\u2019avoir \u00e0 mettre en mots son exp\u00e9rience. Le lecteur s\u2019appesantit sur l\u2019\u00e9laboration d\u2019un (court) texte portant son ressenti de lecture, \u00e9ventuellement de discerner les qualit\u00e9s des d\u00e9fauts du livre. La lecture se fait dans une \u00ab&nbsp;futurit\u00e9&nbsp;\u00bb, elle est en tension, vers un projet d\u2019\u00e9criture. Lire en pensant \u00e0 \u00e9crire c\u2019est s\u2019interroger sur ce qu\u2019il reste d\u2019un livre une fois sa lecture termin\u00e9e. L\u2019attention, la disposition sensible, la r\u00e9flexivit\u00e9 et la m\u00e9moire sont stimul\u00e9es par la pr\u00e9sence en arri\u00e8re-plan de la critique \u00e0 r\u00e9diger. La futurit\u00e9 de la lecture \u00e0 l\u2019\u00e9criture renforce l\u2019attention port\u00e9e au texte et aux divagations autour de lui. L\u2019intensit\u00e9 de la lecture est accentu\u00e9e, car le lecteur cherche ce qu\u2019il pourra en dire. Inscrire sa perception de lecture dans des repr\u00e9sentations langagi\u00e8res est n\u00e9cessaire pour comprendre l\u2019\u0153uvre d\u2019une part, et ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu dans sa r\u00e9ception d\u2019autre part. La verbalisation de son exp\u00e9rience prolonge et renforce cette exp\u00e9rience par sa conscientisation et l\u2019inscription de celle-ci dans une mat\u00e9rialit\u00e9. Ainsi, lecture et \u00e9criture s\u2019influencent dans leurs mani\u00e8res d\u2019\u00eatre pratiqu\u00e9es. Cette nouvelle mani\u00e8re de pratiquer la lecture par le biais de la r\u00e9daction critique consign\u00e9e sur les r\u00e9seaux sociaux devient une <em>praxis<\/em> esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux offrent une mati\u00e8re formidable d\u2019archivage personnel de carnets de lecture. Les lectures y sont consign\u00e9es, les livres jug\u00e9s, les mani\u00e8res de lire expos\u00e9es, et les avis discut\u00e9s. Cette envie de transmission et de faire d\u00e9couvrir des \u0153uvres assure leur survivance par leur r\u00e9activation. La r\u00e9ception est une fa\u00e7on de r\u00e9activer l\u2019\u0153uvre. Les th\u00e9ories de la r\u00e9ception ont d\u00e9fendu que le lecteur prend une part active \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de la signification des textes. Avec les r\u00e9seaux, les publics participent collectivement \u00e0 l\u2019\u00e9nonciation d\u2019un discours sur les \u0153uvres \u2013 qui n\u2019est plus r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite sociale et culturelle.&nbsp; La critique est une recr\u00e9ation de l\u2019\u0153uvre. Celle-ci est issue de la collaboration entre l\u2019\u00e9crivain et ses lecteurs \u2013 ces derniers sont actualisateurs de l\u2019\u0153uvre en cela qu\u2019ils l\u2019activent de l\u2019attention qu\u2019ils lui portent. Les lecteurs seraient des interpr\u00e8tes successifs, portant l\u2019\u0153uvre aux nues ou la rejetant dans l\u2019oubli. L\u2019\u0153uvre n\u2019est jamais tout \u00e0 fait close ou achev\u00e9e, ses interpr\u00e9tations s&rsquo;apparentent \u00e0 une cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/6_minareadings.png\" alt=\"\" style=\"width:1061px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Exemple 6 @minareadings. On voit bien le processus de r\u00e9daction, de la lecture \u00e0 la prise de notes papier jusqu\u2019au post final de l\u2019avis r\u00e9dig\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A la diff\u00e9rence d\u2019un discours savant sur l\u2019\u0153uvre, le discours critique part de l\u2019exp\u00e9rience subjective du lecteur. Il s\u2019agit moins de parler du livre que de sa lecture. L\u2019analyse stylistique ou historique est peu pr\u00e9sente&nbsp;: il s\u2019agit plus d\u2019\u00e9changer sur des exp\u00e9riences que de partager un savoir. Ces discours rel\u00e8vent de la critique dite impressionniste, partant de l\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle du r\u00e9cepteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Porter de l\u2019attention \u00e0 son exp\u00e9rience de lecture, tracer son ressenti et pouvoir y revenir sont autant de mani\u00e8res de s\u2019approprier l\u2019\u0153uvre. La transcription de l\u2019\u0153uvre dans le langage permet de se rendre compte et de rendre compte de l\u2019impact de l\u2019\u0153uvre sur le sujet lecteur. Ecrire sur l\u2019\u0153uvre ou \u00e0 partir d\u2019elle c\u2019est rester encore un peu dans son atmosph\u00e8re, prolonger le moment de sa lecture. Ecrire sur sa lecture (plus que sur l\u2019\u0153uvre) creuse cette exp\u00e9rience de r\u00e9ception en cherchant \u00e0 comprendre ce qui a \u00e9t\u00e9 ressenti, ce qui a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9\/d\u00e9test\u00e9 et \u00e9ventuellement de justifier. Ces \u00e9crits portent \u00e9galement la vie du lecteur dans son intimit\u00e9&nbsp;: la m\u00e9morisation du livre mais surtout du souvenir de lecture, l\u2019int\u00e9gration du livre \u00e0 son \u00eatre, la d\u00e9limitation de ses go\u00fbts, la construction de sa biblioth\u00e8que, ses habitudes de lecture\u2026 Se souvenir que l\u2019on a pleur\u00e9 et de ce qui nous a fait pleurer, que l\u2019on s\u2019est \u00e9nerv\u00e9 et de ce qui nous a \u00e9nerv\u00e9\u2026 #<em>Bookstagram<\/em> devient un carnet de lecture et en cela enrichit le temps de la lecture en le doublant par le temps de l\u2019\u00e9criture. L\u2019\u00e9criture porte notre m\u00e9moire et consigne la richesse de notre vie esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/7_sans_fioritures.png\" alt=\"\" style=\"width:1000px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Exemple 7. @sans_fioritures fait part de son exp\u00e9rience de lecture tout \u00e0 fait subjective, puisque la lecture de Desnos lui \u00ab a fait penser \u00e0 son amour \u00bb, ses po\u00e8mes \u00e0 lui rejoignant son histoire amoureuse \u00e0 elle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mise en sc\u00e8ne du livre au soi&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette subjectivit\u00e9 d\u00e9voil\u00e9e par le discours sur les lectures rejoint l\u2019incitation \u00e0 l\u2019expression de soi des r\u00e9seaux sociaux. Par cet appel des r\u00e9seaux \u00e0 l\u2019expression de soi et de la possibilit\u00e9 que son avis personnel ne soit pas cantonn\u00e9 \u00e0 l\u2019intime mais qu\u2019il puisse \u00eatre lui-m\u00eame une source d\u2019\u00e9changes collectifs, #<em>bookstagram<\/em> en cela d\u00e9passe le carnet papier et intime du lecteur. La subjectivit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience de r\u00e9ception porte la singularit\u00e9 du lecteur en l\u2019affirmant \u2013 ce dont (m\u00e9s)use les r\u00e9seaux sociaux. Pour que la socialit\u00e9 fonctionne sur le r\u00e9seau, il faut cependant que l\u2019utilisateur se conforme \u00e0 un certain nombre de codes, norm\u00e9s par le r\u00e9seau (et l\u2019entreprise se cachant derri\u00e8re, en l\u2019occurrence Meta). Parmi ces conditions, la mise en sc\u00e8ne du moi est d\u00e9terminante \u2013 et celle-ci passe au-del\u00e0 d\u2019une production d\u2019un texte \u00e0 la premi\u00e8re personne. Pour r\u00e9ussir \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de la socialit\u00e9, et donc de faire vivre le contenu en quelque sorte en dehors de la stricte sph\u00e8re intime (qui sans cette pr\u00e9tention \u00e0 la communicabilit\u00e9 pourrait tr\u00e8s bien rester dans l\u2019ordre du priv\u00e9 consign\u00e9 dans un carnet), l\u2019algorithme met en place des crit\u00e8res car la visibilit\u00e9 et la socialit\u00e9 sont le graal ultime \u00e0 atteindre \u2013 cela se m\u00e9rite, donc cela se travaille \u2013 parmi lesquels&nbsp;: le rythme de publication, la mise en sc\u00e8ne de soi, l\u2019esth\u00e9tisation normative.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le lecteur des r\u00e9seaux est invit\u00e9 \u00e0 incarner un r\u00f4le en produisant du contenu imm\u00e9diatement compr\u00e9hensible. Aussi, si le compte est <em>d\u00e9di\u00e9<\/em> \u00e0 la lecture (on voit d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 une orientation th\u00e9matique&nbsp;: l\u2019utilisateur sait ce qu\u2019il va trouver), le lecteur-producteur est incit\u00e9 \u00e0 se mettre en sc\u00e8ne lui-m\u00eame en lecteur, jusqu\u2019\u00e0 surjouer un certain arch\u00e9type de lecteur, une pr\u00e9sentation de soi qui fr\u00f4le la posture, rejoignant l\u2019<em>ethos<\/em> des gens de lettres se posant en homme cultiv\u00e9 et de fait <em>distingu\u00e9<\/em>. De cette incitation \u00e0 faire commerce de sa subjectivit\u00e9, la mise en sc\u00e8ne du livre d\u00e9rive vers une mise en sc\u00e8ne du moi esth\u00e9tis\u00e9e. Le moi prend ainsi le pas sur le contenu en lien avec la lecture. Le livre ne serait qu\u2019un pr\u00e9texte \u00e0 la monstration de soi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/8_livraisondemots.png\" alt=\"Une image contenant texte, homme, \u00e9tag\u00e8re, int\u00e9rieur\n\nDescription g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement\" style=\"width:986px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Exemple 8 @livraisondemots. Vivre de sa passion comme auto-entrepreneur\/influenceur sur Instagram passe aussi par une mise en sc\u00e8ne de soi et l\u2019obtention de partenariats r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, ici pour une boisson v\u00e9g\u00e9tale, ce qui n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec la th\u00e9matique du livre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l\u2019amateur \u00e0 l\u2019influenceur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette course \u00e0 la visibilit\u00e9 d\u00e9passe l\u2019envie de ressentir son contenu appr\u00e9ci\u00e9 pour atteindre \u00e0 la mon\u00e9tisation de la passion, c\u2019est-\u00e0-dire de g\u00e9n\u00e9rer un revenu sur le contenu cr\u00e9\u00e9 pour avoir plus de temps \u00e0 d\u00e9dier \u00e0 leur passion, afin d\u2019avoir une activit\u00e9 non plus ludique mais rentable, plus proche de leurs aspirations que ne semblent leur permettre leurs m\u00e9tiers et de se sentir reconnu tant par ses pairs que par les professionnels du livres.<\/p>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence de cette ambition, les comp\u00e9tences valoris\u00e9es par le fonctionnement d\u2019Instagram n\u2019ont rien \u00e0 voir avec la r\u00e9daction. L\u2019\u00e9mancipation de la parole amateure est limit\u00e9e si elle veut s\u2019\u00e9tablir et s\u2019\u00e9panouir dans la communaut\u00e9 des utilisateurs. Une nouvelle hi\u00e9rarchie des contributeurs se cr\u00e9e, entre ceux qui savent user des r\u00e9seaux de mani\u00e8re professionnelle (influenceurs<em>, community managers<\/em> etc.) et les autres &#8211; ce qui met \u00e0 mal l\u2019id\u00e9al d\u2019horizontalit\u00e9. La distinction entre lecteurs ne se fait plus sur le crit\u00e8re d\u2019un capital culturel, mais sur la ma\u00eetrise de codes et de comp\u00e9tences. De nouveaux crit\u00e8res&nbsp;de \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite&nbsp;\u00bb \u00e9mergent, qui ne portent pas sur le jugement de la qualit\u00e9 du contenu, mais de la capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les r\u00e9seaux sociaux. La capacit\u00e9 \u00e0 capter et \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019audience prime sur la capacit\u00e9 \u00e0 parler d\u2019un livre. L\u2019utilisateur se doit alors de ma\u00eetriser des comp\u00e9tences tout autres que celles d\u2019un savoir li\u00e9 au livre&nbsp;: communication, technologies, marketing, r\u00e9pondre au rythme quotidien de publication (peut-on lire un livre et r\u00e9diger un avis&nbsp;chaque jour&nbsp;?)&nbsp;: entrer dans les clous que Meta d\u00e9cide de privil\u00e9gier \u00e0 travers son algorithme, vecteur de visibilit\u00e9. La concurrence de l\u2019image (initialement le m\u00e9dium d\u2019Instagram) au texte met hors course ce dernier.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/9_gerardcollard.png\" alt=\"Une image contenant texte, capture d\u2019\u00e9cran, ordinateur\n\nDescription g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement\" style=\"width:999px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/10_anaisbots.png\" alt=\"Une image contenant texte, citrouille, livre, capture d\u2019\u00e9cran\n\nDescription g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement\" style=\"width:999px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Exemples 9 et 10. A gauche : un professionnel du livre (@gerardcollard, libraire et chroniqueur \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et \u00e0 la radio) qui ne ma\u00eetrise pas les codes stylistique standardis\u00e9s par Instagram, contrairement \u00e0 @anais.bots (professionnelle de la communication), qui se contente pourtant de r\u00e9sum\u00e9 en trois phrases interrompues par des \u00e9motic\u00f4nes illustratifs des classiques de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Le peu de texte et la maitrise d\u2019une stylistique de communication prennent le pas sur la r\u00e9daction d\u2019un avis d\u00e9taill\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un glissement s\u2019op\u00e8re de l\u2019amateurisme \u00e0 la professionnalisation, de l\u2019amateur non qualifi\u00e9 \u00e0 l\u2019entrepreneur passionn\u00e9. Derri\u00e8re la figure de l\u2019amateur d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 (aussi pur que Kant le souhaitait) se laisse apercevoir l\u2019aspirant influenceur, pr\u00eat \u00e0 rentabiliser sa passion. Cette professionnalisation par l\u2019auto-entreprenariat offre des pistes critiques concernant le croisement des r\u00e9seaux et de la lecture car elle se fonde avant tout sur la ma\u00eetrise des techniques de marketing de soi, et moins sur les valeurs que nous avons pu mentionner pr\u00e9c\u00e9demment. Elle devient une course \u00e0 l\u2019obtention de services de presse et au partenariat r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, voire \u00e0 la publication de son propre livre par des maisons d\u2019\u00e9dition prestigieuses (Agathe Ruga, anciennement @agathe.the.book chez Stock&nbsp;; B\u00e9n\u00e9dicte Soymier-Marion @au.fil.des.livres chez Calmann-L\u00e9vy).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour que l\u2019usage discursif et de partage fonctionne, il faut capter l\u2019autre, l\u2019attention du <em>follower<\/em> potentiel dans une course aux <em>likes<\/em> et \u00e0 l\u2019interaction, et donc \u00e0 la fois se soumettre et ma\u00eetriser les codes \u00e9tablis par l\u2019entreprise. Le partage se fait recherche d\u2019audience Il ne faut pas oublier o\u00f9 se d\u00e9roule cette parole. Le capitalisme rattrape&nbsp;et le livre est un objet qui peut facilement se pr\u00eater \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00ab&nbsp;un contenu \u00e0 vide&nbsp;\u00bb (il est simple de poster chaque jour une photographie d\u2019un livre). Ainsi, si l\u2019utilisation amateure permettait une certaine \u00e9mancipation des circuits \u00e9tablis de la sph\u00e8re culturelle, la professionnalisation par le biais des r\u00e9seaux sociaux implique de se conformer \u00e0 de nouveaux codes. Si l\u2019ambition communautaire voire d\u2019influence se fait sentir, il faudra pour parvenir \u00e0 ce statut soumettre son identit\u00e9 pour entrer, non plus dans le milieu institutionnel de la culture, mais dans les codes dict\u00e9s par une entreprise. Le <em>vrai<\/em> lecteur des r\u00e9seaux sera donc celui qui r\u00e9ussira \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 l\u2019espace d\u2019\u00e9change, bien que l\u2019espace d\u2019expression soit accessible \u00e0 tout un chacun. C\u2019est tomber de Charybde en Scylla et rompre l\u2019illusion d\u00e9mocratique des r\u00e9seaux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/11_soeurs_hadid.png\" alt=\"\" style=\"width:601px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/projets.ex-situ.info\/etudesdulivre24\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2024\/edl24\/12_bella_hadid.png\" alt=\"\" style=\"width:399px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Exemple 11 (cr\u00e9dit&nbsp;: Getty Images)&nbsp;: les mannequins Bella et Gigi Hadid font du livre un accessoire de mode, portant respectivement The Outsider de Stephen King et L\u2019\u00e9tranger de Camus. Exemple 12&nbsp;: Bella Hadid partage sur Instagram (\u00e0 droite, post de 2019 supprim\u00e9 entre temps) sa lecture de The Outsider, entre vol en premi\u00e8re classe, sac Louis Vuitton x Murakami et pochette Dior. Selon les crit\u00e8res que nous avons vus, elles pourraient devenir influenceuses litt\u00e9raires.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>ALLARD, Laurence, \u00ab&nbsp;Dire la r\u00e9ception &#8211; Culture de masse, exp\u00e9rience esth\u00e9tique et communication&nbsp;\u00bb, <em>R\u00e9seaux<\/em>, vol.&nbsp;12, n<sup>o<\/sup>&nbsp;68, 1994, p.&nbsp;65\u201184.<\/p>\n\n\n\n<p>ALLARD, Laurence, \u00ab&nbsp;Cin\u00e9philes, \u00e0 vos claviers ! R\u00e9ception, public et cin\u00e9m<em>a<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>R\u00e9seaux<\/em>, vol. 18, n\u00b099, 2000, pp. 131-168.<\/p>\n\n\n\n<p>BALZAC (de), Honor\u00e9, <em>Les Illusions perdues<\/em> (1837-1843), Paris, Gallimard, \u00ab&nbsp;Folio classique&nbsp;\u00bb, 2013, 960p.<\/p>\n\n\n\n<p>BAUDRY, Samuel, <em>D\u2019o\u00f9 vient la critique litt\u00e9raire ?,<\/em> Lyon, Presses Universitaires de Lyon, coll. \u00ab&nbsp;Lignes de partage \/ Synth\u00e8ses&nbsp;\u00bb, 2023, 218p.<\/p>\n\n\n\n<p>CERTEAU (de), Michel, <em>L\u2019Invention du quotidien. Tome 1\u202f: Les Arts de faire <\/em>(1990), Paris, Gallimard, Folio Essais, 2010, 349&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>CHATEAU, Dominique&nbsp;; MOURE, Jos\u00e9 (sous la dir. de), <em>Esth\u00e9tique de la recr\u00e9ation<\/em>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, \u00ab&nbsp;Arts Contemporains&nbsp;\u00bb, 2019, 214&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>DECOUT, Maxime, <em>Eloge du mauvais lecteur<\/em>, Paris, Minuit, \u00ab&nbsp;Paradoxe&nbsp;\u00bb, 2021, 145&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>DEWEY, John, <em>L\u2019art comme exp\u00e9rience <\/em>(1934), traduit par Jean-Pierre Cometti, Paris, Gallimard, \u00ab&nbsp;Folio Essais&nbsp;\u00bb, 2010, 608&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>DUJIN, Anne, \u00ab&nbsp;Qui prescrit ?&nbsp;\u00bb, <em>Esprit<\/em>, n\u00b09, 2020, pp. 59-66.<\/p>\n\n\n\n<p>FAGNART, Claire, <em>La critique d\u2019art<\/em>, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, \u00ab&nbsp;Libre cours&nbsp;\u00bb, 2017, 175&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>FLICHY, Patrice, <em>Le Sacre de l&rsquo;amateur. Sociologie des passions ordinaires \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique<\/em>, Paris, Seuil, \u00ab&nbsp;La R\u00e9publique des id\u00e9es&nbsp;\u00bb, 2010, 112p.<\/p>\n\n\n\n<p>GODO, Emmanuel, <em>Une histoire de la conversation <\/em>(2003), Paris, Classiques Garnier, \u00ab&nbsp;Histoire culturelle&nbsp;\u00bb, N\u00b02, 2015, 411p.<\/p>\n\n\n\n<p>JAUSS, Hans Robert, <em>Pour une esth\u00e9tique de la r\u00e9ception <\/em>(1990), traduit par Claude Maillard, Paris, Gallimard, \u00ab&nbsp;TEL&nbsp;\u00bb, 2005, 333&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>LEONTSINI, Mary&nbsp;; LEVERATTO, Jean-Marc, \u00ab&nbsp;Internet et la construction du go\u00fbt litt\u00e9raire : le cas de <em>critiqueslibres.com<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Sociologie de l&rsquo;Art<\/em>, n\u00b07, 2005\/2, pp. 63-89.<\/p>\n\n\n\n<p>MACE, Marielle, <em>Fa\u00e7ons de lire, mani\u00e8res d\u2019\u00eatre <\/em>(2011), Paris, Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;TEL&nbsp;\u00bb, 2022, 288&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>MINZETANU, Andrei, <em>Carnets de lecture : g\u00e9n\u00e9alogie d\u2019une pratique litt\u00e9raire<\/em>, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, \u00ab&nbsp;Manuscrits Modernes&nbsp;\u00bb, 2016, 384&nbsp;p.<\/p>\n\n\n\n<p>ROGUES, Christelle, \u00ab&nbsp;Tasses de caf\u00e9 et fleurs s\u00e9ch\u00e9es. Plong\u00e9e dans l\u2019univers <em>Bookstagram<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Communication &amp; langages<\/em>, n\u00b0207, 2021\/1, pp. 65-91.<\/p>\n\n\n\n<p>VIALA, Alain, <em>L\u2019Adh\u00e9sion litt\u00e9raire<\/em>, Montreuil, Le Temps des Cerises, coll. \u00ab&nbsp;Essais litt\u00e9raires&nbsp;\u00bb, 2022, 186p.<\/p>\n\n\n\n<p>WIART, Louis, <em>La prescription litt\u00e9raire en r\u00e9seaux&nbsp;: enqu\u00eate dans l\u2019univers num\u00e9rique<\/em>, Villeurbanne, Presses de l\u2019ENSSIB, \u00ab&nbsp;Papiers&nbsp;\u00bb, 2017, 352p.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>Vous avez aim\u00e9 cette communication scientifique? 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